Société d'Astronomie du Haut-Léman

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La société - Historique de la SAHL

Les articles et photographies disponibles ci-après présentent quelques éclairages sur la naissance et la vie de la Société d'Astronomie du Haut-Léman.

PériodeSujetRésumé
1970-1977 L'observatoire du Gregnolet à la Tour-de-PeilzL'époque héroïque qui voit les pionniers fonder la SAHL
1970-1977 Derrière les bâches du GregnoletLe télescope newtonien de 20 cm, son miroir, sa monture...
été 1974 Un cadeau... de poidsLe don de la coupole du Gornergrat
Automne 1974 Trois expéditions au GornergratLe démontage de la coupole du Gornergrat
Automne 1974 L’accueil à VeveyLa coupole arrive à Vevey
Septembre 1974 Branle-bas généralUn nouveau nom pour la société, un nouvel observatoire et un nouveau télescope !
1976-1978 ...Et l’entreprise se conclut avec succèsLe nouvel observatoire est inauguré
1980-1990 Années de jeunesse, années follesUn livre de bord haut en couleur et le code DB
1990-2000 Au tournant du siècleDe nouveaux télescopes et les premiers signes de fatigue de l'observatoire
1990-2000 Petite digression du côté du chemin de PrazUn "boîton" pour tailler et polir les miroirs !
1998-2009 Avec le nouveau siècle: des bas...L'observatoire vieillit
1998-2009 ... Mais, Dieu merci, aussi des hauts !Le site "Astropléiades", des cours d’initiation, le Celestron C14 sous la coupole et un télescope Dobson
2005-2012 Une nouvelle équipeDes nouveautés mais les dégradations de l'observatoire continuent

L'Observatoire du Gregnolet

C'était en 1970. Mon attention a été attirée par une petite note au tableau d'affichage de mon nouvel employeur, "une grande maison de la place". Un certain René Durussel cherchait à entrer en contact avec des personnes ayant de l'intérêt pour l'astronomie. C'était mon cas, je fis donc la démarche.

Nous nous sommes retrouvés à quatre : Pierre Bignens, René Durussel, Vincent Fryder et Carlo Laurent. Jean Rielle nous rejoindra peu après. Ainsi naquit la Société d'Astronomie du Haut-Léman, le 6 février 1970. Le but était de se regrouper autour d'un même centre d'intérêt, de travailler ensemble, de faire mieux connaître cette science et de la promouvoir, particulièrement auprès de la jeunesse.

Nous nous rencontrions au Café du Centre, à la Tour-de-Peilz. Mais l'astronomie ne peut pas se pratiquer uniquement autour d'une table de bistrot. Durussel, qui habitait à l'époque la Tour-de-Peilz, se mit donc en chasse pour trouver un endroit où pratiquer. Les instruments existaient déjà, il les avait fabriqués de ses mains, optiques et montures en bois.

La commune de la Tour, dont le syndic était à l'époque M. André Debétaz, mit à notre disposition un petit local (ou plus exactement une stalle) dans l'ancien stand de tir au petit calibre du Gregnolet (quel joli nom, n'est-ce pas?). Elle nous fit également aménager, un peu en-dessus du local, une plate-forme au propre de 15 à 20 mètres carrés.

C'est donc là que nous nous retrouvions plus près des étoiles, en pratiquant une astronomie sportive. Sportive parce qu'il fallait avant chaque observation "ringuer" les lourds et encombrants instruments, du local à la plate-forme. A dos d'homme, à travers champs, en évitant selon la saison, de fouler les bouses des vaches, nos voisines. C'est aussi à cause d'elles qu'il s'est avéré nécessaire de clôturer notre plate-forme.

Nous étions assez bien situés, en un point culminant, avec un mur de pierres à l'Est et une vue sur La Tour et Vevey, à l'Ouest. Vue charmante mais qui impliquait les nuisances lumineuses de ces deux cités. Pour y remédier, M. Arnold Durussel, sellier et père de René, nous confectionna un jeu de bâches épaisses qui nous permettaient de nous isoler en les accrochant sur des supports en lambourdes. Bâches et supports devaient également être transportés chaque fois entre la plate-forme et le local.

Ces installations donnèrent satisfaction jusqu'en 1977; elles ont notamment permis à bien des collégiens de s'initier à l'astronomie, dans le cadre des cours à options du collège de Vevey.

Vincent Fryder (Courrier de l'Observatoire No 5 / septembre 2000)

Derrière les bâches du Gregnolet

La photographie présente l'instrument principal de l'Observatoire du Gregnolet : un télescope newtonien de 20 cm porté par une monture équatoriale à berceau.

Son miroir est presque une légende à lui tout seul. Un matin que l'étudiant Durussel passait derrière le Palais de Rumine, il avisa un tas de grosses dalles de verre provenant de la démolition de la verrière du toit. L'alarme sonnée, la voiture d'un ami récupéra le stock qui fut entreposé dans le sous-sol de l'Observatoire des Grandes Roches à Lausanne. On monta de bric et de broc une machine pour découper ces dalles que l'on débita en disques de 20 cm. Un certain nombre de miroirs taillés à cette époque l'ont été dans ce verre d'excellente qualité, patiemment recuit par le soleil de la Riponne pendant Dieu sait combien de décennies.

Télescope Newton 200/1200 de l’Observatoire du Gregnolet

Autre strophe du poème: le local où nous exercions nos talents d'opticiens. Au-dessus d'un impressionnant mur en demi-cercle se trouvait l'ancienne Ecole de Médecine. Un des membres de notre groupe d'astronomes lausannois nous avait procuré un accès au sous-sol de cette vénérable institution. Après avoir refermé la poterne donnant sur le virage, on ne parvenait à ce paradis qu'au terme d'un interminable boyau obscur. Notre local de taille des miroirs était une salle étroite, équipée sur toute sa longueur de tables en catelles blanches sur lesquelles les étudiants venaient pratiquer la dissection. Le local attenant était entièrement occupé par d'énormes cuves où baignaient, dans du formol, les cadavres destinés à ces exercices. Même si, à notre arrivée, il ne restait plus rien de ces malheureux pensionnaires, nous avons eu quelques réticences à nous accommoder de l'odeur rance qui subsistait. J'ai hanté ces lieux infernaux en équipe ou seul, de jour comme de nuit: j'atteste n'y avoir vu aucun fantôme. Et j'y ai achevé un de mes meilleurs miroirs!

Après cette incursion dans la préhistoire, revenons à notre photo.

La monture équatoriale a été construite dans l'atelier de travaux manuels du collège de Vevey où j'ai eu, pratiquement dès mon arrivée en 1964, accès libre le mercredi et le samedi après-midi grâce à la bienveillance de mon collègue Georges Pitton et avec l'accord, cela va de soi, du directeur Roland Nicole. J'ai récupéré cette monture lorsque nous avons transporté nos pénates à l'actuel observatoire et elle fait depuis mon bonheur à Chandolin. Révisée il y a deux ans, elle assure le guidage de mes instruments avec une précision que peuvent lui envier les mécaniques les plus coûteuses encore accessible aux amateurs.

Le télescope de 20 cm est toujours en service à l'Observatoire de Vevey, remonté sur une monture azimutale. C'est un de nos meilleurs instruments. Sur la photo, il est flanqué d'un télescope-guide de 125 mm. Remarquez aussi, montée latéralement, la caméra à grand champ. Equipée d'un objectif Xenar 4,5/210, elle donnait d'excellentes photos sur des plaques ou du plan-film de format 9x12. Encore apprécié de certains amateurs, ce type d'appareils a été remplacé par le format 24x36. L'excellence des optiques et surtout la qualité des films, qui ont atteint une haute sensibilité tout en conservant la finesse du grain, ont fait de l'appareil réflex 24x36 l'outil favori des astro-photographes amateurs avant l'apparition de la CCD.

René Durussel (Courrier de l'Observatoire No 7 / avril 2001)

Un cadeau... de poids

La Fondation Jungfraujoch-Gornergrat a décidé d’équiper l’observatoire du Gornergrat d’une nouvelle coupole. Votre société d’astronomie serait-elle intéressée à reprendre l’ancienne que nous vous céderions gratuitement, charge à vous de venir la démonter et la transporter sur le site de votre choix ?. Tel était le message téléphonique que le président René Durussel reçut de l’Observatoire de Genève, un jour de l’été 1974. - Très volontiers, nous acceptons, grand merci!. Telle fut sa réponse. Le président n’avait consulté personne, fort d’un sage principe : quand on a peu de pouvoir, il faut avoir de l’autorité. Et bien lui en prit: quelques jours plus tard, un confrère d’une société d’astronomie d’amateurs genevois lui téléphonait à son tour: après de légitimes hésitations, leur assemblée avait décidé d’accepter le cadeau. ...Vous avez déjà accepté? On pourrait alors partager: à vous la coupole et à nous la monture de l’instrument, ou vice-versa. Notre président fut sauvé par sa mémoire de la bonne reine Berthe * : les Veveysans avaient dit oui à tout, en bloc, donc pas question de lâcher prise ou de saucissonner l’héritage.

A la genèse de l’histoire: Alain Bollschweiler, élève du Collège de Vevey. Il y avait participé à une activité à option "Astronomie" et, profitant de ses vacances, était monté au Gornergrat. Là-haut, il avait parlé aux astronomes professionnels de ce qu’il avait découvert à Vevey grâce à sa jeune société d’astronomie... et ainsi de suite.

* Selon la légende, la reine Berthe se mit un jour à filer, juchée sur sa haquenée. Pour se concilier ses bonnes grâces, de nombreuses jeunes filles décidèrent d’arborer quenouille. Mais seule la première arrivée recueillit la bénédiction, les autres en furent quittes pour leurs frais.

Trois expéditions au Gornergrat

Alain Bollschweiler sur le wagon

Sur la photo, à droite, Alain Bollschweiler.

Tel fut le programme de l’automne 1974. On démonta la coupole en quatre éléments, puis la mécanique du télescope (sans le télescope que la Fondation avait décidé de réutiliser), et à l’aide d’une grue on ramena le tout au sol. Il fallait ensuite l’acheminer jusqu’aux wagons du train Gornergrat – Zermatt – Viège. On vit alors clairement que le Ciel était avec nous: une neige précoce d’octobre nous permit de faire simplement glisser ces lourdes pièces mécaniques jusqu’aux wagons. Restait à les charger - dans le bon sens, s’il vous plaît! afin d’éviter que les éléments concaves de la coupole soient emportés par le vent du large.

Un chaleureux remerciement à l’astronome professionnel Noël Cramer, délégué par l’Observatoire de Genève pour nous assister dans ces délicates opérations qui se déroulèrent sans doigts ou pieds écrasés.


L’accueil à Vevey

Il fut chaleureux. L’événement fit la une des journaux : la Feuille d’Avis de Vevey, la Tribune-le Matin, l’Est Vaudois. On y chiffrait, entre autres, le poids du cadeau : le don de la Fondation Jungfraujoch – Gornergrat était estimé à Fr.80'000.-. Prix digne de cet authentique monument historique : construite par une entreprise bernoise, notre coupole avait successivement abrité les télescopes de l’observatoire du Jungfraujoch (3457 m) puis du Gornergrat (3134 m). Ce chef-d’œuvre de serrurerie artisanale avait été conçu, nous disait Noël Cramer, pour résister à des vents de 200 km/h. C’est avec émotion que nous vîmes s’ébranler les camions de l’entreprise A. Berner qui avait accepté d’héberger notre coupole sur un de ses terrains de La Tour-de-Peilz, en attendant... A la mémoire de ce «membre ami» de notre société, un grand merci!

Branle-bas général

Un plan de l’observatoire

Notre société fut informée en septembre 1974 du don de la coupole, et dans la même séance elle décida d’adopter un nouveau nom: Société d’Astronomie du Haut-Léman(SAHL). La commune de Vevey accueillit favorablement la nouvelle, témoin cet extrait lapidaire de notre livre de bord: Le nouvel observatoire sera vraisemblablement construit sur le territoire veveysan. Les communes avoisinantes firent également montre d’intérêt.

Le gros œuvre partit bon train: Le projet de construction d’un observatoire, œuvre de l’architecte veveysan Reynald Minacci, fut mis à l’enquête le 17 juin 1975, et l’on pouvait lire dans la Feuille d’Avis de Vevey, en date du 18 juin: «Les Ruerettes sont le site idéal». Soit dit en passant, il est probable et même certain que l’argument « ce sera une réalisation utile à l’école et aux jeunes» a joué son rôle. Le président de la SAHL n’était-il pas à l’époque directeur du collège de Vevey ?

De leur côté, les membres de la société d’astronomie se démenaient. Un miroir de bon calibre – 30 cm – fut mis en chantier à l’atelier d’optique. Il devait équiper le nouveau télescope à loger sous la coupole, sur la monture équatoriale du Gornergrat (de fabrication Manent, maison française réputée). Il s’agissait aussi d’équiper l’indispensable chambre noire destinée à la photographie des astres. Honorons ici la mémoire de notre collègue Vincent Fryder: employé de laboratoire dans une grande maison de notre ville, il facilita le transfert, à des conditions très avantageuses, de matériel dont ladite maison n’avait plus l’emploi – par exemple un bel agrandisseur. Vincent Fryder était un de ces hommes toujours disponibles et aptes à toutes les tâches imaginables, de ceux qui constituent les piliers de toute société d’amateurs.

...Et l’entreprise se conclut avec succès

L’observatoire de Vevey

L’assemblée générale de la SAHL apprit le 17 septembre 1976, avec le plaisir que l’on peut imaginer, la bonne nouvelle : la commune de Vevey allouait un subside de Fr. 130'000.- pour la construction de l’Observatoire des Ruerettes.

En mars 1977, le remontage (sous la coupole !) de la monture équatoriale était achevé, et en septembre le miroir du nouveau télescope Newton-Cassegrain sortait de l’atelier d’optique, dûment poli et contrôlé.

Et la SAHL se consolidait : d’un effectif de 12 membres en 1974, elle avait passé en 1978 à 38 membres : 22 actifs, 7 juniors, 2 membres amis et déjà 7 membres d’honneur.

L’observatoire fut inauguré le 9 juin 1978 ; la Feuille d’Avis de Vevey se fit l’écho de l’émouvant discours du syndic Chavannes.

Années de jeunesse, années folles

Caricatures de M. Bignens

Dans les années qui suivirent sa fondation, la SAHL connut une abondance exceptionnelle de jeunes membres, enthousiastes et remuants. Il suffit, pour preuve, de feuilleter "le livre de bord des années 80 – 90". Outre ses talents réputés de musicien, Michel Bignens était un caricaturiste hors pair: ses dessins témoignent d’une imagination débridée et d’un exceptionnel soin du détail. Il lui fallait naturellement des victimes, et il n’eut pas de peine à en trouver dans l’entourage immédiat : Roland Walter, interminable en sa longueur – et au demeurant bon initiateur de nos pratiques informatiques. Et le président, invariablement affublé de coiffures dont la moins exotique était une casquette militaire à laquelle chaque année ajoutait un galon


Caricatures de M. Bignens

Autre bizarrerie du livre de bord de ces années: de brèves mentions "DB: 2.", ou "DB: 5" ou plus rarement: "DB: 7". Il s’agissait du "droit de bouchon", fruit d’une petite quête subséquente à l’ouverture d’un bouteille de vin. L’abondance de ces notes finit par inquiéter le comité et surtout son vertueux président : on ne pouvait pas laisser s’étendre dans le public le bruit que notre SAHL n’étudiait pas seulement les astres dans le ciel, mais de préférence au fond des verres. Témoin cet avis du 7.11.86 figurant au livre de bord : La consommation de boissons alcooliques n’est pas admise à l’observatoire de la SAHL, sauf circonstances exceptionnelles faisant l’objet d’une autorisation du comité. On frisa la révolte, et il y eut même une séance de conciliation. Mais notre observatoire n’est-il pas planté au cœur d’un pays du juste milieu? Les mentions: "DB..." subsistèrent quelque temps, puis se raréfièrent et finirent par disparaître. Il arrive qu’en prenant de l’âge, les humains changent...

Au tournant du siècle

Le chroniqueur s’étend volontiers sur l’âge d’or de toute belle entreprise. Il est donc normal que sur les années dites "de roulement" on soit moins disert. Le "livre de bord" nous invite cependant à ne pas lâcher la plume.

Le 12.11.94 eut lieu une petite cérémonie : la famille de notre membre fondateur Pierre Bignens nous remettait son télescope Célestron, enrichissant ainsi notre parc d’instruments mobiles. Pierre Bignens (père de Michel) était décédé en 1992. C’était aussi un de ces "piliers" de société d’amateurs dont nous avons fait plus haut l’éloge.

L’instrument principal de la coupole

Premier rappel le 18.02.95 du fait que les œuvres humaines ne sont ni parfaites ni éternelles : la coupole "pisse dedans" par grande pluie. On y a donc suspendu, à l’emplacement critique, un bidon. Mesure doublée d’un conseil : tourner , au repos, la coupole de telle manière que sa trappe d’ouverture regarde vers l’Est.

Du 22.03.97: La monture Manent du Gornergrat, qui porte maintenant notre instrument principal, commence à poser des problèmes. Elle fera, en avril 99, l’objet d’une révision par le Centre Professionnel d’Yverdon. Les gémissements produits par le train d’engrenages auront certes diminué, mais sans disparaître complètement.

En septembre 1999 est édité le premier numéro du Courrier de l’Observatoire. Son premier rédacteur était René Durussel; il cédera cette fonction en 2007 à Jean Aellen, qui dès le numéro 30 (janvier 2007) donnera à notre revue trimestrielle une tournure professionnelle que d’autres sociétés nous envient.

L’année 2000 peut être gardée en mémoire comme celle du grand changement photographique : abandon progressif du film remplacé par les capteurs numériques. La SAHL fait l’acquisition d’une première CCD. La conversion au numérique est achevée vers 2005, notamment par l’apparition sur le marché d’appareils photographiques très performants et d’un prix accessible.

Dès l’année 2000, on commence à parler du télescope "Dobson 425". Son miroir est la dernière grosse pièce optique sortie de notre laboratoire. Sa taille et son poids marquaient la limite de la capacité, pour un opticien dans la force de l’âge, de tailler et surtout de polir à la main une optique de cette taille. Comme pour ses semblables de calibre 15-30 cm, son bulletin de contrôle atteste d’une haute qualité. Il deviendra le plus gros instrument de l’observatoire.

Petite digression du côté du chemin de Praz

La ferme de Lynette Stocker

C’est là qu’habitait, dans la ferme héritée de ses parents, Lynette Stocker. Maîtresse au Collège de Vevey, puis par la suite au Gymnase de l’Est Vaudois, elle accepta de louer à son collègue René Durussel, pour le compte de la SAHL, une petite dépendance de sa ferme. C’était un ancien "boîton" à cochons, témoin l’auge scellée au sol près de l’entrée. Il avait aussi hébergé temporairement un cheval – preuve : le râtelier dominant le coin nord-est. Il accueillit ensuite un maître puis un directeur de collège.

C’était un endroit merveilleux, dont l’entrée était ombragée par un cognassier dont les pétales, au printemps, nous gratifiaient d’une dernière neige. Il possédait des qualités idéales pour un laboratoire d’optique : pas trop sec, température quasi constante. On pouvait le chauffer en hiver. Eau courante à proximité. Pendant quelques années, le local attenant hébergea des moutons qui contribuaient à maintenir dans le bâtiment une température agréable en hiver.

Lynette Stocker étant décédée en septembre 2000, le "labo d’optique" cessa son activité et son bâtiment fut détruit. C’était peut-être un de ces quelques lieux destinés à rester sources de joie, preuve : sur son emplacement ont été installés des jeux pour les enfants.

Sous ce toit de verdure on aperçoit sur la
gauche, au bout du sentier, la porte
ouverte du laboratoire d’optique.


Avec le nouveau siècle: des bas...

Le précédent siècle s’acheva par l’apparition, pour l’observatoire, de signes avant-coureurs d’ennuis à venir. En novembre 98, on s’avisa que le bas de contre-plaqué des parois côté Ouest était pourri, et il fallut le remplacer. Pendant l’été, le sous-sol de la salle de conférences hébergeait des colonies de fourmis volantes : mauvais présage.

On pardonnera, une fois n’est pas coutume, à l’ancien président de la SAHL de citer ce que depuis des années il va disant et répétant :
Je lis régulièrement plusieurs revues d’amateurs d’astronomie : celle de la Société Suisse dont nous faisons partie, d’autres de France, d’Allemagne et des USA. Lorsqu’une société comme notre SAHL s’est construit un observatoire, son premier souci est de le faire savoir et d’en montrer les images. Or, je n’ai pas souvenir d’avoir vu la photo d’un bâtiment aussi beau par ses lignes et son allure générale que le nôtre. L’ennui est qu’il souffre d’une tare fondamentale: il résiste mal à l’épreuve du temps. Est-ce le résultat d’erreurs dans sa conception ou dans l’exécution lors de sa construction? Je n’ai pas compétence pour en juger. Je ne peux que rendre hommage au travail consciencieux des employés de la commune chargés de son entretien hebdomadaire. Mais peut-être n’a-t-on pas pris en temps utile des mesures plus radicales afin de le protéger de l’humidité venue et d’en haut et d’en bas.

Il faut reconnaître que les réparations faites en automne 2009 ont ralenti la dégradation du bâtiment sans, hélas, y mettre fin.

... Mais, Dieu merci, aussi des hauts!

L’observatoire bénéficia en été 1999 d’un "toilettage général" de l’extérieur : peinture à neuf de la coupole et des parois.

Le site "Astropléiades" a été conçu et mis l’enquête dès l’an 2000, et nous avons pu le visiter en septembre 2002. Notre SAHL a contribué à sa création: plusieurs stations y montrent des modèles conçus par de nos membres. La collaboration allait pour nous de soi: ce parcours original devait être le partenaire naturel de l’observatoire le plus proche – donc du nôtre. A noter: le parcours Astropléiades fait l’objet d’un entretien régulier et de rénovations constantes. Nous lui rendons régulièrement, après sa réinstallation de chaque printemps, le service d’un contrôle de l’exactitude "astronomique" de sa mise en place.

Durant l’hiver 2000-2001, Jean Aellen a lancé son premier cours public d’initiation à l’astronomie: "Voir la nuit sous un autre jour". Heureuses retombées pour notre société: d’une part ce cours apporte chaque année de nouvelles adhésions à la SAHL, d’autre part il nous aide à compléter notre effectif de volontaires pour l’encadrement des soirées publiques du mardi. Ce cours est proposé chaque année – signe de son succès.

Le nouveau télescope de la coupole

L’événement de la décennie : notre coupole a accueilli un nouvel instrument. Nous avons déjà évoqué l’état problématique de la mécanique de l’équatoriale du Gornergrat, et son remplacement s’est concrétisé dès 2002. L’impulsion définitive : en septembre, François Gander, exécuteur testamentaire de Lynette Stocker, nous informa qu’il avait, selon le vœu de sa défunte marraine, créé le "Fonds Lynette Stocker pour la modernisation de l’instrument principal de l’Observatoire de Vevey".

Le choix se porta sur une monture équatoriale Alt A7-D fournie par la maison allemande Baader-Planetarium, et sur un télescope de la firme américaine Célestron d’un calibre de 14 pouces (35 cm) qui nous fut livré par la maison Galileo, de Morges. Deux de nos membres, Adrien Wiesmann et René Durussel, allèrent prendre livraison de l’imposante monture équatoriale à Mammendorf, dans la banlieue de Munich. Installation sous la coupole dès janvier 2004, inauguration solennelle en janvier 2005.


Le Dobson 430 devant l’observatoire

Depuis octobre 2003, le "Dobson 430" était en service régulier à l’observatoire. En automne 2006, on peut l’installer sur une table équatoriale entraînée par un moteur.


René Durussel (Les articles à partir de « un cadeau... de poids » ont été rédigés en 2012)

Une nouvelle équipe.

Signe des temps avides de rénovations : en avril 2005, René Durussel cède son fauteuil présidentiel à Jean-luc Ferrari, jusqu'alors secrétaire de la Société depuis plusieurs années. Le comité se renouvelle aussi au cours de ces années: la SAHL évite l’ornière de la routine.

Une nouvelle plate-forme est construite devant l'observatoire et une lunette coudée est installée en parallèle au nouveau télescope de la coupole. Grâce à cet outil, des séances d'observation du Soleil sont mises sur pied chaque premier samedi du mois. Une plaquette est éditée. Elle est distribuée à nos visiteurs et déposée dans les offices de tourisme.

Le plafond de l’observatoire

Notre préoccupation devant la dégradation du bâtiment va croissant et nous avons plusieurs séances avec le municipal délégué dès 2006. Mais les remèdes furent lents à venir. Témoin cette note au Livre de bord : Nous dénonçons depuis 3 ans la dégradation du bâtiment. Il fallut attendre un événement catastrophique pour qu’enfin les choses bougent : un jour du mois de juin 2009, le plafond de la salle de conférences s’effondra, victime des effets de l’humidité due au manque d’étanchéité du toit. On prit alors conscience de l’inutilité des seules réparations cosmétiques. On répara les dégâts au cours de l’automne, en prenant soin d’étanchéifier provisoirement le toit.


La SAHL sur les quais de Vevey

2009 : Année mondiale de l'Astronomie. Notre Société participe à cette célébration en organisant plusieurs événements en ville: Séance d'observation sur les quais, participation au marché en proposant aux chalands l'observation du Soleil, organisation d'une conférence.
Nous avons même tenté de faire éteindre une partie de la ville quelques heures pour permettre à tous d'admirer le ciel étoilé. Essai avorté devant les exigences de Romande Energie.

2010 : notre collègue René Décorvet dote la SAHL d’un site internet dont la haute tenue fait l’admiration de ses visiteurs. Evolutif, il est constamment remis à jour.
La commune de Blonay nous accorde le droit d'utiliser la plate-forme du site des bûcherons de Mouce pour que les astro-photographes puissent bénéficier d'un ciel éloigné de la ville. Nous y installons une prise électrique pour l'alimentation de nos instruments.

2012 : L'effectif qui a régulièrement grandi au cours des dernières années se monte maintenant à plus de 90 membres, dont 18 animateurs réguliers de nos soirées publiques du mardi. L'année passée, nous avons reçu la visite de 820 personnes, tout public confondu (individuels, familles, groupes, classes d'école). Ce nombre réjouissant devrait à lui seul montrer l'intérêt de la population pour nos activités et l'utilité des efforts de nos membres, tous bénévoles faut-il le préciser.

Notre souci majeur : l’avenir de l’observatoire – compte tenu de ce que nous savons de son état actuel.

Jean-Luc Ferrari

A suivre...

SAHL - Webmaster

Mise à jour : 05.12.2012.